Le focus du mois : Black Sheper

Afin de mieux vous faire connaître les groupes que nous accompagnons, nous vous proposons pour ce mois de mai l’interview de Black Sheper.

Quel a été ton parcours musical?

J’ai commencé avec des cours de solfège à l’âge de 9 ans en école de musique. J’ai effectué aussi 9 ans de saxophone.
Très jeune je m’amusais à imiter les instruments que j’entendais. J’imitais la trompette, la basse, le scratch…
Vers 14 ans, avec des amis du lycée, l’engouement pour le beat box se fait plus fort. C’est une manière de communiquer, de se déplacer, de respirer.
On a son instrument sur soi, ça m’accompagne tous les jours dans mes activités.
Sheper est un pseudo qui m’a été donné dans le sens où les amis me trouvé perché, dans la lune, toujours dans mon imagination. C’était aussi bizarre pour eux de voir quelqu’un faire tout le temps du beat box.

J’ai aussi participé aux Championnats de France de beat box, après avoir rencontré L.O.S qui fut le premier champion de France à Anger cette année là. Je me suis qualifié mais pas jusqu’aux phases finales. La technique y primait plus alors que je cherchais à mettre de la musicalité dans mon beat box.

Tu as commencé avec les 2Shés, quelle est cette histoire, cette rencontre ?

Vers mes 14ans, j’ai commencé dans un collectif de hip hop à Montauban, Le Red Dragon School.
Dans le collectif Le Red Dragon School, je rencontre un autre rappeur, Shétan. On décide de monter les 2Shés (Shétan & Shéper). On fait pas mal de concerts, une résidence au Cri’Art, les off du Printemps de Bourges.

On a participé à plusieurs tremplins, on a été finalistes du Tarn & Garock, de Décroche le son et Lauréat en 2008 du Prix d’écriture Claude Nougaro. Avec ce prix on a pu enregistrer au studio Polygone un disque de 3 titres.

Après, on a rencontré des difficultés à se diffuser, à trouver des programmateurs, du coup on a ralenti l’activité du groupe puis mis en standby. On développe nos projets chacun de notre côté, mais les 2Shés restent dans un coin et on envisage de reprendre le projet plus tard.

Ton projet solo est sous le nom de Black Sheper, peux-tu nous en dire plus sur ce personnage ?

C’est un personnage inspiré du lycéen que j’étais. J’avais cette envie de création dans la peinture et dans le beat box. Lorsque je peins ou fais de la musique je rentre dans un univers, je rentre dans une sorte de transe-créative.
De caractère timide, cette passion me permet d’aller vers les autres. Lorsque je monte sur scène, j’ai une boule au ventre de me mettre en lumière devant le public, puis une fois lancé dans cet univers, elle s’échappe et devient un moment magique.

Le beat box amène une nouvelle façon de respirer aussi, au début on hyperventile, c’est très physique un set de beat box.

J’ai fait des sets avec les Big Jim Poètes (du muscle et de la poésie). A l’origine de ce projet il y a Jack Lemoine et Chris Buru (guitariste). Les Big Jim Poètes sont composés d’un guitariste, un beat boxeur et un « annonceur » qui déclame de la poésie de lui ou de poètes maudits tels que Desnos, Baudelaire, Verlaine, Villon (l’autre n’était pas un bon exemple en fait, pas très « Maudit »)… On a fait 5 jours consécutifs à la Cave Poésie à Toulouse ou je fais du beat box pendant 1h20 sans pause. Au début j’avais commencé avec les pédales mais j’ai finalement décidé de tout faire en live, de faire tous les instruments et différents sons pour plus d’interactivité et de feeling.

Comment travailles-tu ta création, quelles sont tes inspirations ?

Je fais des petits boulots parfois inintéressants, du coup pendant ces jobs j’ai des idées qui viennent, je les écrits.
J’effectue aussi des temps de travail concentrés, une après-midi réservée à la création de nouveau morceau ou à la finalisation de travaux en suspend. Ces temps ne sont pas des travaux forcés, ce sont des temps d’isolement qui me sont naturels. Je branche les machines, je fais 4-5h de recherches, d’improvisation.
J’ai des textes en suspend qui se finalisent au moment de la composition musicale, je travaille sur des jeux de mots, des analyses de situation, des qualités et des défauts qui se rejoignent…

Je travaille avec une pédale de loop qui permet d’improviser, de construire des morceaux assez rapidement. J’écris assez rapidement. Je travaille la rythmique et la basse qui passe en boucle, d’où cet état de transe qui se développe avec ces sons répétitifs.
Lorsque je trouve l’osmose entre la rythmique et le texte, je trouve des chants autours pour apporter des mélodies, de la musique qui apporte la musicalité des mots.

Enfin, avec l’ingénieur du son, on travaille à la finalisation de l’enregistrement. C’est une étape très importante car en amenant ses idées et son expérience, Pablo donne une autre dimension aux morceaux.

Quels sont tes projets musicaux actuels et à venir ?

Je cherche à me professionnaliser. Je travaille beaucoup sur mon projet solo. Depuis le début de l’année, je travaille sur un cd cinq titres qui est en cours de réalisation. Deux titres sont déjà sortis et un clip vidéo sort cette semaine.

Pour la vidéo je travaille avec Zerodols et deux illustrateurs graphistes qui dessinent par-dessus les films, Luke et Gom.

Pour l’instant il s’agit de faire l’album pour 2015, qui suivra le cd cinq titres, trouver un moyen de le financer. Ensuite, entamer à cette sortie d’album une tournée avec des musiciens pour développer un projet de musique et beat box. Je veux faire des concerts évolutifs dans lesquels il n’y a pas que du beat box, je n’ai pas envie de tourner tout seul et proposer un show avec moi, mes pédales et voilà… ça peut devenir rébarbatif pour le public.

J’ai déjà un peu travaillé avec des musiciens en utilisant les pédales et une batterie et le résultat était intéressant… La difficulté en faisant intervenir des musiciens c’est ce travaille en boucle, avec une pulsation, un temps donné fixe qui peut restreindre.

Comment as-tu connu les Musicophages ?

Je connaissais les Musicophages avant, à l’époque de la Médiathèque associative, je venais à certains showcases qui se déroulaient ici.
C’est Danielle, intendante des Musicophages, qui aussi une amie, qui m’a parlé des Musicophages, version Centre de Ressource des Musiques Actuelles.
Je me suis renseigné et j’ai trouvé l’association intéressante pour les outils qu’elle met à disposition et les personnes présentes.

L’accompagnement proposé me permet de me structurer, de me poser des questions auxquelles je ne pensais pas forcément, comme la diffusion sous licence Creative Commons, de savoir à quelle porte frapper. C’est aussi un moyen pour avoir plus de facilités à trouver des directives, donner une impulsion au projet. C’est l’occasion de faire des rencontres professionnelles mais aussi d’autres artistes, de se faire connaître via le réseau des Musicophages.

Retrouvez Black Sheper le 22 mai 2014 dès 19h pour un showcase inaugurant une nouvelle exposition aux Musicophages !